Compass Management Consulting, le leader mondial du conseil basé sur des techniques d’analyse comparative, observe que le lancement officiel du SEPA, le 28 janvier dernier, au cours duquel les virements européens SEPA sont devenus disponibles commercialement, est passé relativement inaperçu.
Malheureusement pour les banques, le cabinet de conseil estime que, en dépit de leur faible nombre, les paiements non-STP transfrontaliers dans la zone euro - qui représentent 2% à 5% de ces virements - rognent considérablement la marge commerciale des banques.
S’appuyant sur des analyses de performance dans le secteur des banques européennes, Compass Management Consulting constate que ces paiements peuvent réduire la marge commerciale jusqu’à 25%.
Il prend comme exemple une étude effectuée sur une entité bancaire gérant 300.000 transactions par jour et générant 7.000 exceptions. "Malgré un taux d’exceptions de 2,3% seulement, le traitement manuel de ces paiements, dont le coût unitaire est situé entre 36€ et 58€, représente une charge de travail égale à 270 Equivalents Temps Pleins (ETPs) " affirme Richard Bissett, responsable du secteur bancaire chez Compass Management Consulting.
20 % des transactions génèrent 80 % des coûts totaux des back-office bancaires
Compass Management Consulting observe, qu’en moyenne, 20% des transactions bancaires échouent et nécessitent ensuite une intervention manuelle (action correctrice ou réparatrice). Ces 20% de transactions représentent 80% des coûts totaux du back-office. Selon Compass MC, 60% de ces exceptions pourraient pourtant être complètement automatisées. Mais suivant son analyse, les banques ne réussissent à automatiser que 4% d’entre elles.
Au vu de ces résultats, on peut se demander pourquoi les paiements non-STP perdurent alors que les codes BIC et numéros IBAN ont été institués afin, justement, d’augmenter l’automatisation des virements transfrontaliers en euros.
Richard Bisset constate que les entreprises sont toujours " perplexes" face aux codes BIC et numéros IBAN, et qu’en plus parmi les 62.000 codes BIC existants, seuls les 20.000 appartenant aux participants du réseau SWIFT sont réellement connectés.
Alors que le SEPA contraint les banques à réduire leurs marges commerciales de traitement des paiements, Compass Management Consulting prévoit que cette stratégie les conduira à se focaliser de plus en plus sur le traitement des exceptions.
Cependant, cela ne résout pas le problème complexe des codes BIC et numéros IBAN. L’augmentation des volumes de traitement de paiements transfrontaliers suite à la mise en fonctionnement de SEPA, ne peut qu’entraîner une augmentation du nombre d’exceptions sauf si des mesures importantes sont prises pour redresser la situation et régler la question des traitements manuels.