Les évolutions autour de la carte, avec l'introduction des spécifications EMV et, de la protection du code confidentiel avec les nouvelles méthodes de gestion des systèmes cryptographiques ont renforcé la sécurité des éléments personnels à l'utilisateur dans les systèmes de paiement et de retrait. Les fraudeurs se concentrent maintenant vers les points les plus faibles. Ceci est dans la tradition de l'évolution du Glaive et du Bouclier. Les contres mesures traditionnelles passives arrivent à la limite de leurs possibilités. Il est désormais nécessaire de prévoir des solutions actives de détection qui permettent d'agir sans délai contre les fraudeurs.
ENJEUX
L'augmentation des cas de vol d'identité, avec en corollaire la fraude aux guichets automatiques, constitue sans aucun doute un des plus grands défis du secteur. Au-delà des pertes financières qu'elle provoque, elle est aussi - et surtout - susceptible d'affecter la confiance du client.
S'il n'a pas de frontières, ce délit financier connait en revanche un essor sans équivalent au niveau mondial. Il est le fait de professionnels bénéficiant de vastes ressources financières ainsi que de réseaux bien établis, et liés au crime organisé. Mais qu'est-ce que le vol d'identité ? Il existe plusieurs définitions, mais pour faire simple, il y a vol d'identité lorsqu'un malfaiteur s'approprie des informations personnelles de quelqu'un d'autre et les utilise ensuite pour financer des achats ou s'approprier son argent.
Cela se traduit non seulement par d'importantes pertes sèches pour les organismes financiers, mais aussi par une perte de temps pour le consommateur qui devra passer des heures, voire des semaines ou des mois, à prouver qu'il n'est pas à l'origine de ces dettes et de ces achats.
COLLABORATION DES INDUSTRIES ET EMV
La collaboration sectorielle est la clé du succès pour réduire le risque de vol d'identité. Les pouvoirs publics compétents et le gouvernement, ainsi que des structures privées, luttent non seulement contre la criminalité, mais collaborent également avec les consommateurs et les entreprises afin de mieux comprendre le phénomène et de déployer des contre-mesures collectives.
La France a longtemps été partisane de l'utilisation des cartes à puce. Grâce à l'introduction de la carte à puce dans les années 1990, elle a connu un recul spectaculaire de la fraude sur son territoire.
VOL D'IDENTITE ET FRAUDE AUX GUICHETS AUTOMATIQUES
Quel est le lien entre le vol d'identité et le problème croissant de la fraude aux guichets automatiques ? Il n'existe que peu d'estimations du coût global qu'engendre la criminalité aux guichets automatiques, et rares sont les pays qui publient ce type de données. Toutefois, selon Gartner, ces coûts atteindraient les 2,5 milliards de dollars US par an.
Le guichet automatique est un dispositif subissant à la fois la compromission et la fraude. Le vol d'identité et d'informations personnelles peut y prendre différentes formes : le « card skimming », lorsque le fraudeur installe un dispositif de copie sur le lecteur de carte (ou autour de celui-ci) pour copier les informations de la bande magnétique, le « card trapping », lorsque le malfaiteur pose un « collet marseillais » à l'intérieur du lecteur pour subtiliser ou piéger la carte, et enregistrer le code confidentiel (auquel cas le malfaiteur installe une caméra sur le guichet pour enregistrer le numéro de code du client, ou l'observe simplement par-dessus son épaule). La carte et les informations ainsi détournées peuvent être utilisées au guichet automatique (mais pas uniquement), et celui-ci peut donc devenir un point de fraude. Une carte authentique ou falsifiée peut être utilisée par un malfaiteur pour prélever du liquide qui ne lui appartient pas. Les données copiées sur une carte falsifiée - carte de téléphone ou bancaire -, tout comme le code confidentiel, ont pu être dérobés ailleurs par vol d'identité. En Europe, le Royaume-Uni est un haut lieu de ce type de fraude, et plus spécifiquement du skimming. En 2005, le card skimming a pour la première fois baissé de 34% pour atteindre le chiffre de 96,8 millions de livres sterling, soit environ 174 millions de dollars US. Par ailleurs, les malfaiteurs professionnels ont été longtemps actifs en Amérique du Sud.
Quel est dès lors le coût global de la fraude aux guichets automatiques ? Il se détaille en deux parties. D'une part les pertes sèches, et de l'autre les coûts liés à la fraude. Ceux-ci incluent les pertes réelles, les frais d'émission d'une nouvelle carte, de changement de code confidentiel, la remise en état du guichet et le manque à gagner encouru tant au niveau des transactions que des frais et commissions pendant la période d'inactivité de la carte. D'autre part, moins facile à chiffrer mais plus important, l'impact potentiel sur le consommateur.
L'évaluation du risque parle d'elle-même. On sait que les guichets automatiques constituent le véhicule bancaire le plus utilisé au monde, puisque 60 à 80% des transactions financières traditionnellement effectuées en agence s'y déroulent désormais.
MESURES ANTI-FRAUDE SECURISEES
Diverses contre-mesures permettant de lutter contre la fraude peuvent actuellement être mises en place pour sécuriser le réseau et protéger l'utilisateur. De multiples technologies et services basés sur une expérience et un savoir-faire touchant aux méthodes criminelles et frauduleuses à travers le monde peuvent être adaptées aux exigences individuelles des exploitants de guichets automatiques.
Voici un bref aperçu de certaines de ces mesures : premièrement, la conformité aux normes. L'intérêt du secteur pour la technologie à puce et l'EMV va certainement mettre à mal la fraude aux cartes bancaires.
En même temps, on voit apparaître les cartes sans contact en plus des cartes traditionnelles. Rien qu'aux Etats-Unis, on compte déjà quelque 17 millions de cartes sans contact. A l'instar des cartes conventionnelles, celles-ci bénéficieront à terme de la norme EMV pour assurer une sécurité et une interopérabilité globales.
La technologie sans contact a déjà connu une forte croissance dans la grande distribution et les transports. Les émetteurs de cartes encouragent les clients à y recourir, conscients que cette évolution constitue un pas important dans la conquête du marché des paiements qui s'effectuent actuellement en espèces. Des initiatives intersectorielles vont également stimuler l'utilisation des technologies sans contact, qui paraissent particulièrement attrayantes alors même que le secteur cherche à encourager le recours aux cartes de paiement, et qui offrent à leurs utilisateurs des avantages concrets combinant confort et rapidité. Un rapport du groupe Aite montre que CVS, grande chaîne de drugstores aux Etats-Unis, a découvert qu'une transaction sans contact dure en moyenne 12,5 secondes, contre 26,7 secondes pour une transaction par carte de paiement à bande magnétique et à contact, et 33,7 secondes pour un achat payé en espèces.
En termes de sécurité, le fait que la carte ne quitte plus la main de l'utilisateur élimine les fraudes traditionnelles mentionnées plus haut. D'autres questions de sécurité restent d'actualité, comme la nécessité de garantir la conformité aux normes.
La même étude montre que dans les magasins CVS, la valeur d'un achat moyen avec paiement sans contact est actuellement 20% plus élevée que celle d'un achat payé en espèces. L'enjeu sous-jacent consiste bien entendu à capter l'ensemble des petits achats (en liquide), qui représente une part importante des transactions. Ainsi, 86% des paiements effectués dans les points de vente européens s'effectuent-ils en billets et en pièces, pour des montants variant, au Royaume-Uni, entre 2 et 20 euros dans 42% des cas.
Selon Datamonitor, ce marché est estimé à 226 milliards de dollars US. Fin 2005, Frost & Sullivan estimaient à 15.000 le nombre de détaillants aux Etats-Unis qui acceptaient les paiements par carte Visa sans contact, et à 25.000 le nombre de détaillants qui acceptaient le paiement par Paypass Mastercard. Quelque 4,3 millions de cartes Paypass sont aujourd'hui en circulation. L'adoption massive de la technologie sans contact par les détaillants, les marchands et les consommateurs aux Etats-Unis engendre un intérêt croissant pour les paiements par carte sans contact.
NOUVELLE ETUDE CONSOMMATEURS
Afin de mieux appréhender la manière dont le consommateur perçoit la sécurité des guichets automatiques face à l'augmentation des fraudes, NCR a commandité une toute nouvelle étude indépendante sur les attitudes des consommateurs dans des zones clé à travers le monde. Globalement, lorsqu'on leur demande de décrire les guichets automatiques, 73% des consommateurs américains les qualifient de pratiques, 63% les trouvant en outre faciles à utiliser. Un nombre appréciable de consommateurs américains (39%) sont au courant de l'ajout de pièges non autorisés, et 34% ont entendu parler d'au moins un vol de données commis dans le cadre d'un paiement chez un commerçantl à des fins de fraude au guichet automatique. Les consommateurs se disent dès lors inquiets à l'idée d'utiliser ce type de canal, même s'il est intéressant de constater que 19% d'entre eux ne partagent toujours pas cette inquiétude. Les consommateurs doivent être informés des risques, ainsi que des contremesures les plus adéquates à adopter pour protéger leur code confidentiel et leurs coordonnées bancaires.
Interrogés sur une éventuelle adaptation de leur comportement, 68% des consommateurs conscients des fraudes aux guichets automatiques ont répondu ne pas avoir changé leurs habitudes, tandis que 32% ont avoué utiliser ce canal moins souvent qu'auparavant.
Une étude menée en Australie montre que 92% des consommateurs se sentiraient plus rassurés s'ils savaient que les guichets automatiques intègrent des dispositifs anti-fraude. De quoi faire réfléchir les banques, qui voient l'intérêt à promouvoir auprès de leurs clients les mesures de sécurité prises en la matière.
En conclusion
L'évolution constante des méthodes de fraude aux guichets automatiques permet de tirer de nouvelles leçons :
- La fraude et la criminalité ne connaissent pas de frontières, qu'elles soient nationales ou internationales.
- De plus en plus, la solution à certains de ces problèmes implique une importante coopération sectorielle, dans des domaines tels que la conscientisation du client ou le déploiement des cartes à puces qui ont notamment eu lieu au Royaume-Uni, et récemment au Canada.
- Les transferts frauduleux de fonds ont attiré l'attention des pouvoirs législatifs, et les utilisateurs de guichets automatiques doivent être sensibilisés aux questions de conformité.
- Les multiples facettes des fraudes impliquent la nécessité d'une approche intégrée de la sécurité aux guichets automatiques.
- Toutefois, les mesures de sécurité peuvent être coûteuses et pas toujours opportunes lorsqu'elles sont généralisées. La vulnérabilité des guichets automatiques varie selon les régions, les pays, l'emplacement et la configuration.
- Il est nécessaire d'élaborer des modèles de protection en fonction des guichets.
Une sécurisation intégrée combinée à des stratégies de hiérarchisation des risques constitue la clé du succès dans l'évolution de la sécurisation des guichets automatiques. La consultance de NCR sur la fraude globale et la sécurité occupe une position centrale dans ce cadre.
NCR a tout avantage à collaborer avec ses clients pour sécuriser ce canal, et opère plus de 3.000 transactions sécurisées toutes les 5 secondes. NCR croit en la nécessité de préserver la confiance du consommateur. La sécurité est au coeur de tous les dispositifs, logiciels et services de self-service de NCR.