> Les plus lus cette année
|
Retour à l'accueil
Faire suivre cet article
Version imprimable
Grands diseux, petits faiseux…
Et si l'on parlait un peu des consultants ? Dans le monde du commerce et du service, ils sont pléthore. Consultants en organisation commerciale, consultants en systèmes d'information, consultants en choix de consultants… on se mord même parfois un peu la queue… mais les grandes entreprises en raffolent ! Est-ce justifié ? Comment éviter de jeter son argent par des fenêtres sous lesquelles les conseils divers ont tendu leur sébile ?
Depuis que le terme de « coaching » est à la mode, certains consultants ont le plus simplement du monde commandé de nouvelles cartes de visite. Un investissement fort rentable de quelques euros pour tenter de gonfler ses tarifs de prestations et de harponner quelques clients supplémentaires attirés par la modernitude.
Vous, lecteurs, pensez peut-être avoir besoin des conseils et de l'assistance d'un « plus compétent que vous » pour vous aider à prendre les bonnes décisions et à atteindre vos objectifs. Sans doute est-ce une attitude raisonnée de ne pas se surestimer et de savoir s'entourer. Encore faut-il que les conseils et assistants que vous choisirez vous apportent réellement compétence et expertise. A gratter un peu derrière le profil de certains prestataires il semble clair au contraire que vous leur apporterez plus qu'ils ne vous aideront.
A moins que vous ne cherchiez en réalité un pseudo-psychiatre, dont la simple présence suffira à vous aider à exprimer et à décider par vous-même, il vous faut procéder avec circonspection à la sélection de vos consultants.
Premier critère, la compétence. A mon avis, le concept même de « consultant junior » est un non-sens. Le verbe « conseiller » ne peut en effet être appliqué que par une personne qui a déjà expérimenté. Selon le Dictionnaire de l'Académie Française, il s'agit de « renseigner quelqu'un sur ce qu'il doit faire ». Peut-on réellement aider un décideur à faire les bons choix si l'on a que deux ou trois ans d'expérience et que l'on n'a jamais été confronté à ses propres décisions ? C'est donc l'expérience pratique du consultant que vous choisirez qui fera la différence. N'hésitez pas à la contrôler auprès de ses anciens clients ; certains n'hésitent pas à largement améliorer leur CV réel.
Second critère, l'objectivité. Derrière le conseil que vous attendez de votre prestataire, vont s'enchainer des décisions d'investissement, de dépense, des choix de fournisseurs… Etes-vous certain que le consultant que vous envisagez de retenir est totalement indépendant de ces choix ? Pour qu'il vous conseille la meilleure solution en fonction de vos besoins et de vos attentes, il faut qu'il n'ait aucun intérêt personnel à retenir l'une des solutions envisagées. Une petite recherche sur vos moteurs Internet favoris vous permettra de cerner l'identité numérique du consultant en question. Ce travers est particulièrement fréquent dans le domaine des systèmes d'information. Tel consultant vous orientera vers un fournisseur tout simplement parce qu'il est « partenaire » de ce fournisseur, ce qui sous-entend « rémunéré » directement ou indirectement. Tel autre consultant vous conseillera de choisir entre deux offres, tout simplement parce qu'il dispose ensuite des compétences pour vous aider à les mettre en œuvre. Pour vous fidéliser il faut donc qu'il vous oriente vers certains fournisseurs parfois éloignés de votre besoin.
Troisième critère, la taille. Certains lecteurs considèreront que choisir un consultant, c'est d'abord le choix d'un grand cabinet dont le pignon sur rue plaira à leur direction générale. Ils n'achètent pas un conseil, mais un parapluie. Pendant des années les rapports d'audit et préconisations de Arthur Andersen faisaient référence et le tampon éponyme valait de l'or ou presque, jusqu'à l'affaire Enron… Aujourd'hui, même dans certains grands groupes, les leçons ont été tirées. Il est parfois préférable de faire appel à un petit cabinet, voir même à un consultant indépendant, que l'on aura sélectionné pour son expertise pointue et qui saura s'investir sur une mission ponctuelle, tout en maintenant des tarifs largement inférieurs à ceux d'un grand cabinet qui alignera dès le premier rendez-vous son directeur de projet, un consultant sénior et plusieurs juniors…
Compétence, objectivité et efficacité, voici les trois critères à retenir dans le choix d'un cabinet pour vous aider à avancer. Et vous constaterez que la lecture des plaquettes ou sites web insipides de la plupart des consultants, au travers du prisme de ces trois critères vous conduira à éliminer la majorité d'entre eux.
1. Posté par
David C
le 04/07/2007 11:08
Je suis d'accord avec cette analyse, meme si je pense que le role premier du consultant est parfois de faire naitre dans l'entreprise la conscience d'un changement nécessaire.
Dans le domaine informatique, il est vrai que le titre de consultant est souvent utilisé de manière abusive, et qu'il recouvre une grande disparité d'offres, selon que l'on évoque une assistance à la maitrise d'oeuvre ou à la maitrise d'ouvrage, une gestion de projet ou la remise d'un document d'analyse.
Mais dans un monde ou le titre professionel est une partie de l'identité de l'individu, comment faire autrement, et comment faire accepter à certains employés d'etre trimballés de client en client, sans parfois leur permettre d'approfondir leurs connaissances, ou meme de se former avant la mission.
Le titre de consultant devrait etre réservé à des personnes qui consultent, c'est à dire réalisent des missions de courte ou moyenne durée, et rendent un avis. Mais qui acceptera un titre d'analyste programmeur la ou, pour le meme travail, on lui propose de devenir consultant ?
PS : si je revenais travailler demain comme prestataire, je revendiquerai à nouveau ce titre de consultant... senior qui vaut bien quelques euros de plus par jour !
2. Posté par
DNAPS
le 04/07/2007 18:00
Monsieur Nieuwbourg, je suis agréablement surpris par votre article.
Depuis des années que je travaille dans le monde des SSII et de la BI je vous ai souvent croisé à des évènements organisés par ces fameux cabinets que vous décrié aujourd'hui. Après leur avoir depuis si longtemps servi de faire valoir rémunéré, je suis heureux de constater que vous avez enfin un discours qui sort du fameux carré magique et je vous en félicite. Il est à espérer que les clients qui vous auront lu auront la bonne idée de revoir leur politique de référence ment et donneront enfin leur chance à des consultant séniors qui se battent depuis des années contre les préjugés que vous dénoncer aujourd'hui.
RE-Bienvenue dans le parler vrai monsieur Nieuwbourg au plaisir de vous relire dans une telle veine d'inspiration. Comme vous êtes tjrs en avance de qq années sur les tendances du marché, j'espère que cela annonce une modification du comportement et des habitudes du marché.
Eric
3. Posté par
Philippe NIEUWBOURG
le 04/07/2007 18:10
@DNAPS : juste une petite remarque, vous parlez de "faire valoir rémunéré"... sachez que dans 99% des interventions que je fais, je ne suis PAS rémunéré ! Je considère plutôt que la participation à un séminaire est un moyen pour moi de faire connaitre mes communautés et donc de générer du traffic et ensuite bien sur de la publicité. Mais j'ai presque toujours refusé une rémunération pour rester totalement libre de mon contenu et de mes opinions... certains le regrettent d'ailleurs, mais c'est comme ça !
4. Posté par
Vincent Guibert
le 05/07/2007 19:19
D'accord avec toi Philippe. Nous ne citerons pas de nom mais effectivement l'histoire du prestataire qui préconise un produit autour duquel il a justement des compétences disponibles, nous la connaissons !!!
Mais il existe également des consultants qui ne préconisent ni n'intègrent de progiciels. Les consultants en management et en organisation par exemple (dont je suis maintenant, je le confesse en toute transparence).
Si je puis me permettre d'ajouter un quatrième critère à ta liste, je dirai "l'empathie", à savoir la capacité du consultant à comprendre rapidement la culture de son client afin de lui proposer un projet, un rythme de progression, des cibles compatibles avec ses enjeux et ses capacités, et ce afin que le client s'approprie durablement les changements. Si le consultant fait l'impasse là-dessus et ne se repose que sur son expertise et sur ses compétences techniques, alors dans la plupart des cas le projet ne réussit pas, la mayonnaise ne prend pas, le soufflé retombe trop vite, et tout le monde est frustré.
En revanche s'il prend le temps, s'ils s'adapte, s'il essaye de faire juste au lieu de seulement faire beau, alors bingo ! Le client progresse, il est content, et parfois même en redemande...
amitiés à tous
VIncent
http://www.acde-conseil.com
5. Posté par
Un consultant
le 05/07/2007 19:34
'soir Mr Niewbourg !!
Tout d'abord la notion de consultant junior fait du sens...car un consultant ne fait pas que conseiller, il formalise, il analyse, apporte un regard externe etc etc..Si toutes les interventions externes devaient être menées par des gourous ou des consultants expérimentés… imaginez la facture !
Alors comme David (ci-dessus) et d'autres, je revendique le métier de consultant avec ce que cela à de bon et de mauvais. Mr Niewbourg..en quoi votre texte crée de la valeur chez les annonceurs et chez les prestataires ? Rien…comme d'habitude !
Autres questions, à quand remonte votre dernière intégration d'un outil de CRM ou de Business Intelligence ? A quand votre dernière expression de besoins fonctionnels ou techniques ? A quand votre dernier plan d'accompagnement au changement pour le déploiement dans un outil (majeur) du CRM dans un réseau…
Piété, Mr Niewbourg…ne jetez plus la pierre à des personnes qui triment jours et nuits…alors qu'on les appelle consultants juniors, seniors, gourous experts …ou indépendants ! Qu'importe ..ils créent de la valeur, c'est tout !!!
A vot' bon cœur Mr Niewbourg !
PS : et ne me demandez pas pourquoi je suis anonyme...c'est pas le sujet je ne parle pas en mon nom...
6. Posté par
Didier SUZANNE
le 05/07/2007 19:39
7. Posté par
Sebastien VILLEY
le 05/07/2007 19:45
-> "Un consultant"
Vous avez le pseudo de "Corto Maltese"... Croyez vous que votre héro favori se cacherait ainsi pour dire ce qu'il pense ? Je le voyais plus droit dans ses bottes... mais là n'est pas la question. Pourriez vous exprimer l'opinion des autres sans fautes d'orthographe s'il vous plait. Philippe soulève des débats et vous offre la possibilité de vous exprimer, c'est déjà important. Alors si vous défendez les consultants junior, faites preuve d'humilité et passez le correcteur orthographique. Merci pour nous !
8. Posté par
Didier SUZANNE
le 05/07/2007 20:07
Le plus navrant n'est pas tant l'anonymat et l'ortographe du "consultant" que l'attaque contre Philippe Nieuwbourg quant à sa gestion de projets...C'est l'éternel
débat dans le domaine littéraire ou cinématographique entre le critqiue et l'auteur...
Il est fort souhaitable que le marché puisse être observé par des "journalistés" indépendants comme Philippe Nieuwbourg qui le fait avec acuité et talent.
http://www.afference.com
9. Posté par
Un consultant d'un Grand Cabinet...
le 06/07/2007 08:38
100% d'accord avec le contenu des 2 premiers critères (en particulier sur le consultant junior...) Par contre, la taille, je ne aprtage pas.
Pour un grand groupe (CAC40 ou taille critique), la taille du consultant et sa renommée internationale seront critique. Je l'ai découvert chez mon employeur actuel et dans le domaine cible de votre blog/newsletter/site. Reformuler les bonnes idées des managers en les étayant, puis les présenter sous la bannière TOP5 Consulting Firm au PDG et Codir, fait enfin aboutir les choses, débloque les budgets, change les cultures, etc... et que ce soit en France ou ailleurs.
10. Posté par
FM
le 06/07/2007 09:21
Point de vue intéressant Philippe, je suis pourtant du domaine, mais votre critique bien amenée ne fait pas de mail, surtout quand celle-ci n'est pas sans être réaliste.
Mais qui peut croire qu'une entreprise confie des missions de conseil à un cabinet qui est soit revendeur de solutions, soit touche des markup sur les ventes, qui affiche un nom et positionne des juniors ; sans nul doute toute entreprise ne juge que l'équipe opérationnelle de consultants qui va réaliser la mission et s'assure de leur indépendance.
N'est-ce pas le cas? :-)
11. Posté par
Alain TORDJMAN
le 06/07/2007 10:04
Bravo M. Nieuwbourg pour votre article, je suis parfaitement en phase avec celui-ci, qui a le mérite en plus d'évoquer un sujet sensible TRES actuel.
Je suis d'accord avec Vincent également sur la notion d'empathie qui est primordiale.
Un consultant témoigne évidemment par sa terminologie d'une grande expérience, et le client attend souvent des témoignages de celui-ci sur le marché actuel, les solutions efficaces et rentables, la démystification de certains concepts un peu "pompeux"...
L'Assistance à Maîtrise d'Ouvrage est avant tout selon moi un travail de généraliste.
Particulièrement dans les Systèmes d'Information, il est à noter que cette fonction d'AMOA est amalgamée, à tort, à un travail d'expert technique connaissant très bien un ERP (SAP pour ne pas le nommer..) ou possédant des compétence BI tel un expert COGNOS..Ce métier a un nom : consultant technique. Je le sais d'autant mieux que je l'ai été il y a quelques années sur un ERP.
Le consultant AMOA S.I. doit posséder des compétences dans ces domaines mais on attend de lui une fonction de co-pilotage averti, d'organisation et de décision, de réflexion globale par rapport à des objectifs et un plan d'action.Il est inutile de lui demander d'effectuer du paramètrage ou de plonger dans l'analyse d'index de bases de données, mais il doit savoir en parler avec les experts techniques.
Par contre, une forte capacité d'écoute, une maîtrise du stress (habituel en format projet), des qualités de dialogue et d'organisation, de structuration et de rédaction (points clé, chemin critique, impacts et risques,...) est NECESSAIRE. C'est cette valeur ajoutée là qui lui donne son statut, son rôle.
La confusion des genres s'explique par le besoin du client de se rassurer et sans doute par des données d'ordre plus matérielles...
Mais parce-que le vieil addage : "ce qui se comprend bien, s'énonce clairement !" oblige à adapter le propos en fonction des interlocuteurs (Grands utilisateurs, DSI, MOE, MOA, partenaires, sous-traitants,....), le consultant AMOA S.I. s'appuiera davantage sur sa poly-culture informatique, fonctionnelle, organisationnelle, managériale, gestionnaire et restera un élément clé de la réussite d'un projet.
http://www.tpconseil.com
12. Posté par
dalama19
le 06/07/2007 11:18
Vous pardonnerez mon pseudo-anonymat et mes fautes, mais je suis couché sous mon PC afin d'éviter les missiles tirés plus haut....tout cela manque un peu de tolérance et d'explication à celle ci...
Moi aussi je suis agréablement surpris par le parler vrai , denrée rare, mais plus facilement garanti " sans flagellation " sur le net que sur d'autres médias.
Ensuite Bravo aussi à Vincent qui parle d'empathie ,qualité magistrale qui devrait être obligatoire dans la vente , dans le conseil et la formation sur laquelle un diplome pourrait être envisagé, sur plusieurs niveaux,bien sur; car cette qualité,peut s'apprendre, se travaille, enrichit tout le monde, autant celui qui l'offre que celui à qui elle s'adresse.
Et en plus, j'ajouterai ici que, celui qui est muni de la maladie de l' empathie; ( maladie, qui hélas ne s'attrape pas facilement) ; celui là est aussi très souvent accablé, le pauvre; par une multitude de qualités sous jacentes apporteuses de bonne santé , de bonne humeur, d'humour et d'autodérision .
bon pour revenir au sujet; je dirai qu'il y a plusieurs sortes de consultant qui trouveront leur équvalent-client; Après séparation, on peu toujours se plaindre d'une femme avec qui on a vécu 1 an ou plus, rejeter la faute sur l'autre , cela aide t'il à avance ? n'est ce pas la qualité des gens qui ont du mal à se remettre en question ?
L'empathie c'est cela aussi,s'offrir une meilleure qualité d'écoute,permettant de discerner la vrai personne en face de soi , qu'il s'agisse d'un fournisseur, d'un consultant, d'un client ou d'une possible ame soeur.Il est,dans ce cas indispensable de se connaître soi même, dans ces moindres recoins; sinon vous rencontrerez la plupart du temps vos égaux dans vos craintes,vos mensonges,vos travers; et palrlant le même language, vous vous comprendrez parfaitement...dans un premier temps !
13. Posté par
Stefan
le 09/07/2007 11:29
Ouh là, quelle prose messieurs :)
Bon, recadrons un peu la démarche. Il faut savoir que le "phénomène SSII" est assez franco-français, on voit rarement de la régie aux oubliettes dans d'autres pays, notamment anglo-saxons. La notion de "consultant" pour moi devrait donc respecter le terme anglo-saxon qui lui suggère plutôt une personne expérimenté prestant du conseil et non une externalisation du SI à tout va et bas prix.
Pour moi les "entreprises" qui font du "conseil" en envoyant des stagiaires avec un pauv' CDP ayant 3-5 ans d'expérience maxi c'est tout simplement sous traiter , pas conseiller. Tout comme Lidl c'est du hard discount , et Auchan de la "vraie" distribution, faudrait pas confondre SSII et Conseil , sous traitance et consulting etc etc etc.
Sinon, bon article de Philippe, faut bien ouvrir les yeux sur certaines réalités, même si ça fait un peu mal, c'est la seule voie pour l'amélioration :)
14. Posté par
Consultant JR.
le 09/07/2007 20:37
Et dire que quand j'ai posté que le milieu manquait d'humilité je m'attendais à ce que l'on me traite de "newbie" ou que l'on me dise que j'étais tombé sur les mauvais :-)
Ca fait plaisir de voir quelqu'un qui a plus de "bouteille" se raccorder à cette idée.
Je tiens à répeter qu'un cabinet qui se prétend "le meilleur" ne peut pas l'être, s'il l'était vraiment il ne chercherait pas tant à le faire croire... A méditer. Aussi il ne faut pas toujours chercher à excuser les DSI des entreprises, si aujourd'hui ils récoltent de la "sous traitances", comme dit plus haut, ou encore des fausses solutions décisionnelles "pré-packagés", des forfaits "pré-payés" ou je ne sais quel autre prestation au rabais : ba c'est quand même un peu leur faute non?
Cette évolution n'est que le fruit malheureusement logique de leur volonté d'avoir toujours plus, pour moins cher et avec un maximum de garanties.
L'ironie reste que, du coup, la prestation se degrade, est toujours aussi honéreuse et effectuée par un noob comme moi qui à tout juste 20 ans est obligé de se faire passer pour un expert.
Et comme chacun trouve toujours sa chacune, fleurissent aujourd'hui de formidables cabinets de "consulting à emporter" tous aussi charlatants les uns que les autres, mais quand même se prétendent les meilleurs sur leur planéte.
Aprés je veux bien croire que je fais fausse route, je ne fais que débuter, mais c'est une impression à chaud que m'ont donné certains, et je peux vous dire que lorsque j'ai passé mes entretines d'embauche (face à face ou téléphonique, si si!!), j'avais bien envie pour ceux là de jouer les Neil Armstrong : en apposant vigoureusement mon pied sur leur lune ;-) cela les aurait peut etre fais redescendre sur terre.
Alors levons nos verres à l'intelligence, la santé on l'a déja!!!!
15. Posté par
Casimir Joseph
le 10/07/2007 13:44
Voilà un sujet bien polémique et poil à gratter tant pour les cabinets de conseil ... que pour leurs clients.
Certes, les consultants ont leur part de responsabilité dans cet état des lieux, mais il reste étonnant de constater à quel point le client s'adapte aux discours des consultants. D'où un de recrutement de consultants qui échappe à ces critères plutôt évidents auxquels vous faites référence Philippe.
La raison de cette déviance ? Peut-être bien cette protection « parapluie » qui amène le client à s'éloigner de pratiques rationelle. Quitte à oublier que déléguer/attribuer une mission à des consultants n'entraîne en rien une délégation de responsabilité…. En cas de plantage notamment.
16. Posté par
Junior mais pas consultant
le 12/07/2007 11:09
Il apparaît toujours important pour les "seniors" de se valoriser par rapport aux "juniors", car ils coûtent beaucoup plus cher, ont plus de responsabilité et profitent beaucoup du travail des juniors. Comme en général, le senior s'occupe de la formation des juniors (en partie, car le junior se forme aussi par son propre vécu, ses observations, ses expériences), il est bien placé pour amener le junior à se considérer comme un vulgaire jeune inexpérimenté qui a tout à apprendre. Dire que les juniors sont des incompétents n'a rien de novateur, c'est le lieu commun le plus désagréable que j'ai l'habitude de lire ou d'entendre. Néanmoins, il est normal que le taux de juniors, disons inadaptés soit élevé, puisque leur expérience est trop faible pour déterminer s'ils seront doués ou non, par ailleurs je juge le processus de recrutement plutôt inefficace ce qui renforce le taux (c'est un autre sujet). Compréhension, analyse, synthèse, diplomatie, négociation, adaptation ce sont des compétences qu'on développe depuis notre plus jeune âge et ce n'est pas 2 ans d'expérience qui vont tout changer, surtout dans des domaines peu techniques mais très évolutifs que sont le consulting orga/SI/etc. Le senior a deux atouts principaux : sa crédibilité commerciale grâce à ses succès antérieurs et sa capacité à corriger les erreurs parce qu'on n'est pas supposé refaire les mêmes erreurs. Pour le reste, je trouve le discours sur les juniors/senoirs très prétentieux, discriminatoire et humiliant. Mais c'est à la mode, donc je ne vous en veux pas.
17. Posté par
Yann V.
le 16/07/2007 10:20
Je trouve l'analyse de consultantJR assez vraie.
Pour avoir travaillé pendant 7 ans dans une grande SSII, on peut se le dire, comme chacun s'accorde ici à le dire, que le conseil est bien souvent bradé par les SSII. Voir même, chez certaines SSII, le conseil bradé est devenu la référence et ne savent plus aujourd'hui vendre du "vrai" conseil avec de "vrais bons" consultants et de "vrais" prix !
Mais dites moi : la faute à qui ?
Il me semble que les SSII n'ont rien de société philanthrope. Leur seule raison d'être est de faire du business.
Elles suivent donc sans état d'âme les lois du marché qui sont quand même dictée par les clients.
Coté client, les directions imposent des conditions budgétaires qui dictent aux responsables de services de trouver pour leurs projets les "perles rares" et autres "moutons à 5 pattes" pour "le moins cher possible".
Cette chasse aux petits prix devient très aigue chez certaines sociétés dont le service achat n'a comme seul leit motiv et raison d'être que la réduction de dépense (ou comment acheter plus avec moins).
On appelle cela la "rationalisation" ! Quel non sens ! Il n'y a rien de rationnel là dedans pour le peu que l'on se place autrement que d'un point de vue purement financier ! Et oui, le but d'une dépense n'est pas seulement de sortir de l'argent mais bien d'acheter un service pour un besoin avéré.
Mais voilà : le problème se pose entre clients et fournisseurs !
Les clients imposent des tarifs qui ne sont pas en correspondance avec ce que coute un consultant expérimenté.
En effet, qui dit consultant expérimenté dit salaire en conséquence (je pense que ce n'est un secret pour personne de dire que les consultant sont des gens comme tout le monde et qu'ils sont augmentés normalement chauque année en fonction de leur performances). Et donc consultant expérimenté = tarif élevé ! Pure logique car salaire élevé, prestation à forte valeur ajoutée (en principe) et marge du fournisseur (ben il faut quand même bien qu'ils vivent ces gens là !)...
Malgré tout cela, il faut bien pour les SSII faire du business et trouver le moyen d'en faire...
Donc elles montent des partenariats avec tous les éditeurs de la planète ou presque, gonflent un peu les CV et essaie de maintenir des prix corrects... Ce qui nous amène à la dérive du système : tarifs de vente trop faibles pour consultant trop peu expérimenté...
Les seuls cas (ou presque) où effectivement cela fonctionne, c'est lorsque le client choisi un indépendant ! Pourquoi : parce que cette démarche étant moins "naturelle", le client devra rendre plus de compte sur son choix et c'est donc tout à fait naturellement que ce dernier prendra plus de temps pour évaluer la compétence du consultant.
En définitive, cela s'avère être un bon choix me semble t-il car le lien est direct entre client et consultant indépendant. Les tarifs sont plus souples (ce qui ne veut pas forcemment dire moins élevés car les indépendants ont des charges, une retraites, des assurances, etc... et une marge à faire). De plus, l'indépendant défend directement sa réputation (et donc son business) ce qui l'amène naturellement à s'investir pour la réussite de son client...
Bref, un texte un peu fouilli mais tout cela pour dire qu'effectivement ce monde marche un peu sur la tête. Je comprends la démarche des SSII qui ne font que s'adapter au marché mais dans le même temps, je partage le point de vue de Philippe qui pour moi est le constat de ce qu'engendre les politiques de réductions des coûts.
18. Posté par
Consultant JR
le 16/07/2007 16:08
En ce qui concerne les independants (je n'en connais aucun) j'ai entendu ça et là que les clients n'en acceptaient que sous couvert d'une SSII qui l'emploi comme un "interimaire".
Donc assez fréquement les "indep" se font passer pour des employées de la dite SSII.
On se retrouverai donc dans une situation où les conditions de la mission sont négociés à 3 (client + SSII + indep) et où, encore une fois, on convient d'un forfait et de tout ce qui s'en suit...
Est-ce un cas marginal ou une réalité répandue??
Biensur cette solution à pour interet que n'est pas independant qui veut, la personne en face justifie forcément d'une expérience que la SSII n'a pas trouvé dans ses rangs.
Mais l'inconvénient reste que l'indépendant devient un executant de la SSII, et se retrouve donc un peu restreint non?
19. Posté par
Antoine Chauvet
le 24/07/2007 18:12
Pour revenir à l'essence même de l'article qui, sauf erreur de ma part, est directement destiné aux clients des SSI, il est bon de rappeler que tout ce que dit Philippe n'est valable que pour les "vraies" prestations de conseil. Alors, effectivement, je le rejoints sur le non-sens de consultant junior, et sur l'importance de l'objectivité et de l'efficacité.
Néanmoins, comme après avoir prodigué les meilleurs conseils, il peut être utile de les mettre en œuvre, on peut avancer que le conseil n'est que la partie émergée du monde du décisionnel.
Et, me risquant volontiers à miser sur le fait que pour un jour de "vrai" conseil, on débouchera sur ... 5 à 15 jours de prestation de service, d'intégration, ou de développement spécifique (d'ailleurs, si des statistiques existent sur le sujet, elles mettront sans doute mon inexpérience en exergue mais seront porteuse d'information ...), la partie immergée laisse beaucoup de place aux "laissés-pour-compte" de l'article de Philippe (je pense notamment aux juniors, au jeunes CDP et aux collaborateurs des grosses SSII).
En partant du principe que le client sait très bien faire la part des choses entre le besoin de conseil et le besoin de réalisation, il pourra, même en trouvant ça pompeux, assouvir sont besoin de flexibilité en faisant appel à de jeunes consultants ou de jeunes chefs de projet qui se feront un plaisir de mettre toutes leurs qualités (je pense aux facultés d'adaptation, à l'empathie évoquée plus haut, à l'autonomie, à l'esprit critique et au bon sens tout simplement plus qu'à l'expertise) au service de la conception, de la réalisation et du management dans le projet.
Dans ces conditions, il est bon de rappeler aux profils qui se sont sentis agressés par cet article que, s'ils ne sont effectivement pas des consultants, ils répondent à coup sûr à un besoin chez le client et, avec ou sans le terme, fournissent un travail dont nul ne doit réduire l'importance.
Et finalement, si le marché du décisionnel marche si bien, c'est que les clients ne doivent pas si souvent tomber sur ces « grands diseux, petits faiseux », … à moins que la réduction des coûts ne l'emporte à tout prix … ma naïveté de jeune consultant n'ayant pas disparue, je mets un billet sur la première cause …
Antoine
20. Posté par
Coulibaly
le 16/08/2007 08:26
Bonjour philippe,
Un article qui a le courage d 'ouvrir le débat sur les consultants...ou sur des ex salariés qui s'improvisent consultants car ne pouvant plus être réellement opérationnels dans une entreprise.
A mon avis, et pour la majorité des besoins, une equipe retreinte (2) est gage d 'expertise et devrait etre suffisante pour mener à bien tous travaux d'expertise.
Cordialement
21. Posté par
BOMY
le 26/09/2007 12:41
Je suis consultant indépendant depuis plus de 20 ans dans le milieu industriel (tous types d'activté), maintenant assez souvent surnommé "le gourou" en matière de Supply Chain Management, ce qui n'est pas pour me déplaire, ma longévité dans le milieu me permettant d'assumer sans vanité particulière.
En tant qu'expert, je suis régulièrement intégrés dans des équipes de "juniors" mandatés par un gros cabinet ou dans "task force" internes dans un goupe industriel. Mais je peux me retrouver également en tête à tête avec le dirigeant d'une PME voire d'une TPE.
C'est pourquoi je ne peux que valider le texte de départ de ce forum.
Mon constat est que l'on a beaucoup trop tendance à vendre (ou à acheter !) des solutions "outils" au détriment des réflexions de fond (certes beaucoup plus contraignantes) et de la recherche de la SIMPLICITE (moins naturelle que la complexité).
Le résultat : des "usines à gaz" toujours plus sophistiquées et des progrès de performances décevants.
Mes mots d'ordre : Cohérence, Rigueur et Simplicité.
http://bomy.club.fr
22. Posté par
Marc
le 02/10/2007 14:23
J'aimerais attirer votre attention sur un article paru en 1983 et qui présente plusieurs facettes de l'utilisation des consultants. La référence complète à cet article est : Landry, M., and Malouin, J.-L. (1983) Pour une meilleure utilisation des experts-conseils en administration. Gestion 8, (2), 4-11.
Le type de consultation que vous décrivez n'en est qu'un parmi un large éventail.
23. Posté par
G.VIALLE
le 11/01/2008 22:57
Analyse fort pertinente. Une dimension manque qui me paraît déterminante : la confiance pour établir un véritable partenariat avec le client ce qui suppose une réelle indépendance du consultant.
Le véritable défi c'est de faire autorité sans avoir besoin d'une marque (grand cabinet anglo-saxon si possible).
Nouveau commentaire :
Vous pouvez commenter ou apporter un complément d’information à tous les articles de ce site. Les commentaires sont libres et ouverts à tous. Néanmoins, nous nous réservons le droit de supprimer, sans explication ni préavis, tout commentaire qui ne serait pas conforme à nos règles internes de fonctionnement, c'est-à-dire tout commentaire diffamatoire ou sans rapport avec le sujet de l’article. Par ailleurs, les commentaires anonymes sont systématiquement supprimés s’ils sont trop négatifs ou trop positifs. Ayez des opinions, partagez les avec les autres, mais assumez les ! Merci d’avance. Merci de noter également que les commentaires ne sont pas automatiquement envoyés aux rédacteurs de chaque article. Si vous souhaitez poser une question au rédacteur, contactez-le directement.
:: Podcast
|
:: Budgets / Elaboration budgétaire
|
:: ERP / PGI
|
:: Comptabilité
|
:: Trésorerie / Moyens de paiement
|
:: Fiscalité
|
:: Contrôle de gestion
|
:: Gestion de la performance / Business Intelligence / Reporting
|
:: Règlementaire / Audit / Consolidation / Bourse
|
:: Risque Client / Recouvrement
|
:: RH / Paie / Social
|
:: SSII / Externalisation
|
:: Réflexions et prospective
|
:: Décryptage des nouvelles technologies
|
:: Livres
|
:: La bureautique du financier
|
|