… une affaire désormais connue de tous : la cas Kerviel
« Le 24 janvier 2008, quand il révèle l'affaire, Daniel Bouton, le patron de la Société Générale, raconte que Jérôme Kerviel "a eu l'intelligence d'échapper à toutes les procédures de contrôle". En fait, Kerviel n'a pas "échappé" aux procédures. De nombreux services avaient repéré que son comportement était étrange. Dès juillet 2007, la direction financière de la banque avait identifié l'une des techniques favorites de Kerviel pour masquer ses opérations : indiquer avoir fait une transaction avec ClickOptions, une filiale de la Socgen dont l'activité est de proposer aux particuliers de spéculer sur les options. Les mails échangés entre les membres de ce service et l'équipe du middle office de la Générale, qui contrôlait l'activité des traders, sont récurrents. Le 12 avril 2007, lors de la clôture des comptes trimestriels, Delia Boulachin, membre de l'équipe "conso" à la direction financière, découvre que sa banque déclare notamment "face à ClickOptions
826 331 k€ en achat-vente Ifat [instruments financiers à terme, ndlr]". Gênant, car ClickOptions "certifie qu'elle n'a pas d'activité de vente" de ce type de produit financier. Même perplexité de son collègue Edmundo Goncalves : "Les montants paraissent démesurés par rapport au volume de ClickOptions. Le numéro de trade ne correspond à rien dans notre système de gestion." Le deal étant enregistré comme émanant du portefeuille WAR2A, celui de Jérôme Kerviel, on retrouve vite la personne au middle office qui surveille le trader. Il s'agit de Sébastien Conquet, qui finit par se retourner vers Kerviel... qui lui raconte qu'il s'est trompé. Le scénario se répète ensuite à de multiples reprises. Le 30 mai, Delia Boulachin écrit avoir "le même problème ce mois-ci" avec sept opérations qui atteignent 7 milliards d'euros et déclare qu'elle les a "annulés" d'elle-même. Le 15 juin, elle note, alors que l'écart atteint 11 milliards d'euros, qu'il s'agît "d'un problème récurrent depuis l'arrêté de mars". Et le 12 juillet, un nouvel écart de 790 millions d'euros de résultat la fait écrire : "Nous avons ce mois-ci encore des écarts significatifs sur les achats-vente d'options." Et personne n'ira vérifier le pourquoi des "erreurs" à répétition, pourtant bien étranges» ;
SOURCE : dossier Kerviel dans Libération
Le célèbre cas Kerviel nous démontre ainsi les conséquences non négligeables d’une mauvaise réconciliation sur la présentation des comptes consolidés....
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Raquel San Juan Chauvel
Manager NEO FINANCE - Société de Conseil en Consolidation et Systèmes d’Information
www.neo-finance.fr