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Manager les exceptions pour piloter l'essentiel avec les taxonomies XBRL
Le reporting réglementaire représente, pour les établissements, un volume conséquent d'indicateurs transmis annuellement au superviseur bancaire. Le recours renforcé à XBRL (COREP, FINREP et bientôt SURFI) et l'utilisation du Management par Exception permettent d'en automatiser le contrôle, en se concentrant sur les variations significatives.
Le besoin d'harmoniser les pratiques de supervision bancaire en Europe a conduit la Commission Européenne à instituer en 2004 le CEBS (Committe of European Banking Supervisors), avec pour objectifs la définition d'un cadre et d'un vocabulaire communs pour le reporting bancaire réglementaire en Europe. L'élaboration de deux reporting a été confiée au CEBS : COREP (COmmon solvency ratio REPorting framework) et FINREP (consolidated FINancial REPorting framework), la CEBS recommandant aux Banques Centrales d'adopter le standard XBRL (eXtensible Business Reporting Language) pour en faciliter l'échange et la validation automatique dans toute la communauté. Il a, à cet effet, créé des référentiels (appelés « taxonomies » dans le standard XBRL) pour les reporting COREP et FINREP. Ils définissent plus de 20.000 indicateurs financiers et prudentiels.
Les taxonomies ont été adaptées nationalement. Et depuis juin 2007, les établissements français transmettent des états XBRL COREP et FINREP vers la Commission Bancaire. Celle-ci prévoit de généraliser rapidement le reporting XBRL, en modernisant dans ce format les remises BAFI (base des agents financiers, qui compte environ quelques milliers d'indicateurs comptables) et construisant les taxonomies correspondantes : c'est le projet SURFI.
Compte tenu des volumes importants d'informations exigées par le régulateur pour chaque remise COREP, FINREP ou BAFI, le nombre de données à produire et valider annuellement par un groupe bancaire, qui compterait par exemple une dizaine de filiales, dépasse rapidement le million. Il s'agit là d'un véritable datawarehouse financier et prudentiel, dont l'analyse génère une charge opérationnelle conséquente ! Traitées en XBRL, ces informations partagent un même référentiel, donné par les taxonomies. Le langage permet la définition de règles de cohérence basées sur les concepts définis par les taxonomies : les indicateurs réglementaires structurés en XBRL deviennent automatiquement comparables.
Le langage imposé facilite l'analyse automatisée des données
Les établissements bancaires, forcés d'acquérir la technologie XBRL pour communiquer avec le régulateur, peuvent en tirer profit, en utilisant directement les référentiels publics pour construire les contrôles automatiques sur les données qu'ils envoient. Il s'agit d'étendre les taxonomies existantes : en y ajoutant des règles de contrôle électroniques internes (par exemple de comparaison avec la remise précédente) ; en les complétant avec des informations dédiées, pour faciliter le contrôle (par exemple les données élémentaires nécessaires à la fabrication d'un agrégat envoyé au régulateur ou des liens de pistes d'audit). Une fois paramétrées, ces règles de contrôle ou « règles métier » (appelées aussi formulas XBRL) génèrent instantanément des analyses automatiques de toutes les données XBRL. Elles produisent automatiquement des rapports d'exceptions, portés à l'attention de tous destinataires et décisionnaires désignés.
Le standard propose donc une alternative à la manière actuelle de travailler, en donnant aux établissements la possibilité d'exploiter directement des données qu'ils communiquent au régulateur et le référentiel public qui les structure, pour en automatiser le contrôle.
Le Management par Exception pour réduire les coûts, les délais et les erreurs
Le management par exception
Grace aux possibilités natives d'extension des taxonomies, nous pouvons définir des règles de vérification avant soumission et ajouter de nouveaux contrôles internes, afin de ne réagir que sur des exceptions automatiques.
L'avantage essentiel du management par exception est basé sur les formulas XBRL pour que toutes les règles métier XBRL soient créées dans le méta-modèle (taxonomie) et ne nécessitent pas de développer des lignes de code informatique en dure dans les applications. Les règles métier XBRL peuvent être changées à tout instant et, étant intégrées dans chaque taxonomie XBRL, sont automatiquement distribuées à toutes les parties intéressées, évitant toute erreur.
Ces règles peuvent émaner aussi bien du créateur de la taxonomie que « producteur » du rapport ou même du « consommateur du rapport XBRL ».
Les règles métier XBRL sont de 3 types :
1 Règle de Calcul : a+b+x+y=z (toute règle de calcul qui ne serait pas prévu dans les Calculation Linkbases des Taxonomies XBRL) ,
2. Règles de « Reportabilité » (Reportability Rules) : tout rapport XBRL créé avec la taxonomie qui contient ces Règles de Reportabilité, doit satisfaire les critères définis par l'auteur de ces règles : par exemple si le soumettant XXY rapporte une valeur 123 pour le concept ABC dans la dimension DDD, le soumettant doit rapporter les éléments compris dans l'annexe AAA
3. Règles de Qualité (Quality Edit) : le processeur XBRL va analyser, éventuellement en créant des valeurs dérivées (cumul, moyenne, etc.) des valeurs rapportées dans le rapport XBRL + des valeurs dans d'autres rapports XBRL. Ces autres rapports XBRL peuvent provenir du même soumettant pour d'autres périodes (analyse historique) ou d'autres soumettants dans la même période (analyse comparative) ou toute autre comparaison pour des analyses plus complexes de tendances, etc. au moyen d'algorithmes
Aux Etats-Unis, depuis octobre 2005, toutes les banques, soit plus de 8.200 établissements, soumettent leur rapports trimestriels en standard XBRL au FFIEC (Federal Financial Institution Examination Council, qui regroupe les trois régulateurs bancaires américains). Le cycle de traitement de quelques vingt millions de données par trimestre est passé de plus de soixante jours à… deux jours.
Pour atteindre une telle réduction de délais, plus de 7,000 « Formulas XBRL » ont été créées.
La validation des règles métier génère un seul et unique document XML (avec les exceptions) qui permet de créer facilement des tableaux de bords de « Management par Exception ».
Enfin, toutes ces règles métiers peuvent être modifiées à tout instant dans une taxonomie privée qui, étant distribuée et utilisée instantanément par les soumettants, assure une synchronisation parfaite entre les parties intéressées Les Formulas XBRL offrent deux avantages essentiels: Flexibilité et élimination des erreurs et inconsistances.
XBRL s'étend … et s'ouvre au CRM.
De plus en plus de régulateurs s'intéressent à ce standard ce qui multiplie les opportunités de réutiliser les données XBRL à des fins d'analyse interne ! En Belgique, près de 300,000 entreprises remettent déjà leur bilan à la centrale des bilans en XBRL, ce qui permettra aux banques d'accélérer le processus de réponse à une demande de prêt grâce à une analyse automatique des informations financières XBRL des entreprises !
La multiplication de documents XRBL au sein de l'entreprise va donc créer des opportunités massives pour les compagnies et les parties prenantes dans leur collaboration, décrivant les rapports XBRL comme étant des applications véritablement interactives
Le workflow XBRL va changer le mode de communication entre les banques, les régulateurs, les dirigeants, les investisseurs et les analystes : gain de temps et de fiabilité et réduction des coûts.
Pour finir, nous pouvons dire qu'en plus d'offrir une taxonomie et un standard, XBRL introduit la notion de CRM dans les échanges entre les régulateurs et les régulés
Dans un futur proche ces échanges entre régulateurs et régulés ne devraient plus être considérés par les régulés comme un sujet de préoccupation mais plutôt comme un puissant outil de suivi de leur solvabilité.
XBRL France
L'objet de l'association XBRL France (www.xbrl.fr), comme pour les autres juridictions XBRL dans le monde, est de promouvoir l'utilisation du standard XBRL dans le reporting financier. XBRL France forte de sa trentaine d'organisations membres dont des institutionnels comme la Commission Bancaire, le Conseil Supérieur de l'ordre des experts comptables avec l'aide de professionnels du chiffre et de l'informatique (dont Umanis), structure en France les projets XBRL, coordonne le développement de taxonomies, et organise la communication autour du standard en France.
Plus de renseignements sur www.xbrl.fr
Gilles Maguet - XBRL France – Secretary General
E-Mail : gilles.maguet@xbrl.fr
Steve BERDAH - Directeur du pôle XBRL Umanis
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