En juillet, suite à des révélations dans la presse, jugées d'ailleurs pour partie erronées par Jean-Michel AULAS Président et fondateur du Groupe Cegid, et qui auraient donné lieu à un dépôt de plainte, le groupe a publié un communiqué confirmant qu'un mandat avait été confié à la banque Lazard pour entrer en contact avec de nouveaux actionnaires potentiels.
Quelques semaines après ces révélations, Jean-Michel AULAS est longuement revenu aujourd'hui sur les objectifs de cette recherche et les contacts déjà obtenus.
Aujourd'hui le capital du groupe est détenu à 46,25 % (plus de 50 % des droits de vote) par trois investisseurs (ICMI, Apax et Eurazeo), et à 47,61 % par le public. ICMI est le holding d'investissement de Jean-Michel AULAS. Les actionnaires ont demandé à Jean-Michel AULAS de réfléchir à un élargissement du périmètre capitalistique du groupe, c'est-à-dire à l'entrée de nouveaux actionnaires susceptibles de participer à une augmentation de capital.
La publication de cette information dans la presse a naturellement conduit d'autres candidats à la reprise à se manifester. « Quand vous missionnez un groupe comme Lazard, arrivent alors forcément un certain nombre de propositions », explique le Président de Cegid sans citer aucun nom. Des propositions qui émaneraient plutôt de groupes internationaux dans le domaine du logiciel (on imagine que Infor, SAP, Oracle ou encore Sage pourraient être intéressés, ou même Microsoft dont Cegid est très proche), mais également du service ou encore des groupes financiers. « Il n'existe pas de groupe français dans le domaine du logiciel, doté de la capacité à répondre à ce type d'opération » avoue-t-il. « Mais nous avons noté un fort appétit de la part des partenaires potentiels ».
Mais cette possible cession partielle ou totale du groupe Cegid devrait se faire dans la continuité. « La retraite n'a pas sonné pour moi à court terme », précise Jean-Michel AULAS. Mais il confirme également qu'un des objectifs de cette opération serait de réduire sa part dans le capital du groupe (aujourd'hui via ICMI premier actionnaire du groupe avec 20,09 % des actions et 31,82 % des droits de vote).
La date initiale de remise des offres avait été fixée au 15 septembre mais elle pourrait être repoussée de quelques semaines. Rien ne semble d'ailleurs contraindre Cegid à aller vite sur ce sujet. « Inutile de nous appeler le 15 septembre au matin » a d'ailleurs précisé avec humour Patrick BERTRAND, directeur général du groupe.
Car en parallèle de cette évolution capitalistique, Cegid poursuit également sa propre croissance externe. Après le rachat de AS Infor au 1er semestre, d'autres acquisitions sont à prévoir. Le groupe dispose d'ailleurs d'une ligne de crédit de 150 millions d'euros plus un potentiel de 50 à 60 millions d'euros liés à la levée possible de bons de souscription. Des acquisitions locales ou internationales car le développement mondial est à la fois le point faible et l'axe majeur de développement du groupe aujourd'hui. Des accords avec SCC en Grande-Bretagne, l'ouverture de Cegid China, un accord avec le groupe Conseil ERA au Canada, le rachat de AS Infor dont les clients sont présents dans 26 pays… tout cela était au programme du 1er semestre.
Ce second semestre pourrait donc être l'occasion de reparler de Cegid…